Suite à de nombreuses demandes, j'essaierai de publier de nombreuses photos de mes aventures. Pour ceux qui ont facebook, il y en a déjà quelques unes!!
Bisous!!
Vous en avez surement entendu parler, peut être l'avez vous déjà fêté. Ce week-end a lieu la fête de Thanksgiving au Canada. Personnellement, je ne connaissais cette fête que par les clichés qu'on voit dans les séries télés. Il y a la dinde, les repas en famille etc... Bon, en gros c'est
plus ou moins ça mais il y a quand même une signification derrière tout ça. J'ai pu me rendre compte d'à quel point cette fête est très importante pour les Nord Américains. Une chose primordiale
ici est de ne pas être seule pour Thanksgiving, et j'ai été très surpris d'être invité par plusieurs canadien(ne)s, que je ne connaissais pourtout pas plus que ça, à venir partager une dinde avec
leur famille. Mais nous avons décidé avec plusieurs étudiants internationaux de nous faire notre propre repas de Thanksgiving. La dinde ça sera donc pour demain.
Wikipédia étant probablement plus au fait que moi, je me permets de poster l'article que vous pouvez trouver en tapant "Thanksgiving" sur Google. En bonus, une petite
vidéo qui ravira les fans de Friends!!
Plusieurs versions ont été évoquées sur l’origine de cette fête américaine et, en particulier, de première célébration[2]. S’il est difficile, du fait du peu de sources disponibles, d’en avoir la certitude, un fait reste peu contesté : l’origine est différente aux États-Unis et au Canada. Les toutes premières Actions de grâce furent des fêtes de la moisson ou des occasions de remercier Dieu pour des récoltes abondantes. Pour cette raison, l’Action de grâce a toujours lieu à la fin de l’automne, après la rentrée des récoltes.
Les origines de l’Action de grâce au Canada remontent à l’explorateur anglais Martin Frobisher, qui tentait de trouver un passage nordique vers l’Orient. En 1578, il tient une cérémonie formelle, sur le territoire actuel de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, afin de rendre grâce d’avoir survécu au long voyage. On considère cette cérémonie comme la première Action de grâce canadienne, et la première à avoir eu lieu en Amérique du Nord. Frobisher est subséquemment fait chevalier et son nom fut donné à la Baie de Frobisher.
À la même époque, les colons français, ayant traversé l’Océan Atlantique et s’étant installés au Canada avec l’explorateur Samuel de Champlain, organisent également de grandes fêtes pour rendre grâce à Dieu. Ils forment même « l’Ordre de Bon Temps » et partagent volontiers leur nourriture avec leurs voisins autochtones.
Avec la fin de la Guerre de Sept Ans en 1763 avec la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, les citoyens d’Halifax tiennent une journée spéciale d'Action de grâce.
Après la Révolution américaine, les réfugiés américains qui étaient demeurés loyaux (les loyalistes) au Royaume-Uni sont exilés des États-Unis et s’installent au Canada. Ils apportent avec eux les coutumes et traditions de l’Action de grâce américaine, bien que, en tant que fête liturgique, l’Action de grâce au Canada correspond également à la fête de la moisson européenne ; les églises sont décorées de cornes d’abondance, de citrouilles, de maïs, de blé et d’autres produits de la récolte, des hymnes de moisson sont chantées le dimanche de l’Action de grâce et les sermons sont tirés des histoires bibliques relatives à la fête de la moisson juive (la Souccot).
La première Action de grâce au Canada après la confédération canadienne est un congé civil qui a lieu le 5 avril 1872 pour célébrer le rétablissement du Prince de Galles (subséquemment le Roi Édouard VII) après une maladie grave. Avant cette date, des jours d'Action de grâce sont observées commençant en 1799 mais n'ont pas lieu à chaque année.
À compter de 1879, le jour de l’Action de grâce revient toutes les années mais est proclamée annuellement, la date pouvant changer d’une année à l’autre. Le thème de la fête change également d’année en année afin de refléter un évènement important. Dans les premières années, c’était pour une moisson abondante et occasionnellement pour un anniversaire particulièrement important. Après la Première Guerre mondiale, le Jour de l'armistice et l’Action de grâce sont tous deux célébrés le lundi de la semaine du 11 novembre. Dix ans plus tard, en 1931, les deux journées deviennent des fêtes distinctes, et le Jour de l’Armistice devient le Jour du souvenir.
Le 31 janvier 1957, le Parlement du Canada fixe la date au deuxième lundi d’octobre de manière permanente par une proclamation : « Une journée pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des bienfaits dont jouit le peuple du Canada... »
En 1620, une centaine de pèlerins Puritains britanniques, pourchassés, fuirent vers la Hollande. En juillet, ils rejoignirent tout d’abord Southampton puis Plymouth où ils embarquèrent à bord du Mayflower le 6 septembre, à destination de la Virginie. Après avoir accosté à Cap Cod en novembre puis exploré la région, les 102 colons installèrent leur colonie un peu plus au Nord et fondèrent la ville de Plymouth (Massachusetts) en décembre 1620. En raison de leur peu de connaissances agricoles et d’un hiver particulièrement rigoureux, la moitié d’entre eux ne survécut pas. Au printemps suivant, un Indien Wampanoag du nom de Squanto[3] entra en contact avec les immigrants et, avec sa tribu, leur offrit de la nourriture et leur apprit à pêcher, chasser et cultiver du maïs. Pour célébrer la première récolte, à l’automne suivant, le gouverneur William Bradford décréta trois jours de prière et de fête. Les colons invitèrent le chef Massasoit et 90 Indiens à partager leur repas, en guise de remerciement pour sceller une amitié durable et un pacte commercial. Des dindes sauvages et des pigeons furent servis à cette occasion[4].
Deux ans plus tard, la colonie célébrait à nouveau la fin des récoltes, mais rendant surtout grâce à Dieu. Cette fête devint très vite simplement religieuse, et toute référence aux Amérindiens fut rapidement oubliée, d’autant qu'après la mort du chef Massasoit qui garantissait la paix, les Wampanoag furent finalement exterminés en 1676.
La coutume de l’Action de grâce se répandit de Plymouth à d'autres colonies de la Nouvelle-Angleterre et pendant la guerre d'indépendance, huit jours de fêtes furent consacrés à remercier Dieu pour les victoires et la survie des rescapés. En 1789, le président George Washington proclama le 26 novembre jour de fête nationale. La même année, l’église épiscopale protestante annonça que le dernier jeudi du mois de novembre serait un jour de fête.
Pendant de nombreuses années, il n’exista pas d’Action de grâce nationale. Quelques états seulement instaurèrent un jour spécial. En 1830, l’État de New York instaura un jour d’Action de grâce et d’autres États du nord suivirent bientôt l’exemple. La Virginie fut le premier État du sud qui adopta la coutume.
En 1855, Sarah Josepha Hale, éditrice de « Godey’s Lady’s Book », travailla pendant plusieurs années pour promouvoir l’idée d’une Action de grâce nationale. Puis, en 1863, le président Lincoln déclara que le dernier jeudi du mois de novembre serait un jour de remerciements et d’éloges à Dieu.
Chaque année pendant 75 ans, le président des États-Unis décréta que l’Action de grâce devrait être célébré le dernier jeudi du mois de novembre. Cependant, en 1939, le président Roosevelt l’avança d’une semaine. Il voulait ainsi aider le commerce en rallongeant la période d’achats avant Noël. Le Congrès décréta en 1941 que l’Action de grâce serait célébré le quatrième jeudi du mois de novembre comme un jour férié légal. La fête de l’Action de grâce est l’une des plus chômées des États-Unis. Dans le commerce, le lendemain de l’Action de grâce marque le début de la période des achats de Noël et on le nomme Vendredi noir, car il est souvent considéré comme le jour de plus grande activité commerciale de l’année.
Le repas de l’Action de grâce est traditionnellement composé d’une dinde, animal tout juste découvert par les premiers Européens dans le Nouveau Monde.
Aux États-Unis, l’Action de grâce est célébré en famille autour de grands dîners et en joyeuses réunions. Le nom de « Thanksgiving » (signification anglophone de l’Action de grâce) évoque des cuisines odorantes et de grands placards à provisions pleins de bonnes choses, mais c’est aussi une fête religieuse avec messes et prières.
La veille l’Action de grâce, les associations distribuent des repas aux personnes sans domicile fixe dans les
grandes villes[5].
Peut-être vous êtes vous sentis frustrés suite au premier épisode de Lost in the New Far West. En effet, il est bien gentil le Vince de nous dire qu’il est arrivé. Mais au fond, ça ne vous dit rien sur ce qui vous intéresse vraiment : Pourquoi je pars et où est-ce que je pars? L’adage voulant que « pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient », commençons si vous le voulez bien par un bon vieux flashback pour expliquer le pourquoi du comment.
Ne souhaitant pas revenir sur mon enfance difficile et traumatisante (blague...), arrêtons nous au 11 Juillet 2006. Pour certains, cela n’évoque que le coup de boule de Zizou et la défaite de la France en finale de la Coupe du Monde. Mais non, ça c’était le 9. Avançons donc de deux jours et mettons nous en situation (pour toi Clém celui-là :)). Image en noir et blanc, protagonistes plus jeunes de 2 ans, pas encore de petite barbe, un peu plus d’acné... Bref, un ado tout content d’avoir son Bac en poche.
Ce Mardi 11 Juillet 2006 a lieu le concours de Sciences Po Lille qui me permet d’obtenir mon ticket d’entrée dans cette école. Le temps passe, et beaucoup de choses ont changé. (Qui trouvera d’où viennent ces paroles ?) Me voici après deux années d’étude en 3A, année qui a pour particularité de se dérouler obligatoirement dans un pays étranger. Les étudiants sont amenés à effectuer un choix :
- soit ils feront un an de stage en entreprise
- soit ils choisissent de faire un an d’étude dans une université étrangère.
Mon choix fut rapide. J’ai trouvé qu’une année de stage était au final très mal placée en plein milieu de ce cursus de 5 ans et qu’il valait mieux avoir une continuité dans ma formation. Ce stage de longue durée en entreprise n’a de sens selon moi qu’en fin de cursus afin de favoriser l’insertion professionnelle, la ligne sur le CV ne valant pas autant que l’expérience personnelle que l’on peut vivre avec des jeunes du monde entier. Et puis qu’on se le dise, on aura bien le temps de travailler en entreprise pendant les 40 années actuelles (insistons sur le « actuelles ») de cotisation que chaque français est censé effectuer. Alors tant qu’à faire autant profiter de la vie étudiante tant qu’on le peut. J’attends avec impatience les mails incendiaires de ceux ayant choisi un stage. :)
Enfin toujours est-il qu’après avoir choisi d’aller dans une université, il faut bien choisir laquelle. A la
demande de Sciences Po, j'ai du dresser une liste de cinq universités ayant un accord avec l’établissement. Mes trois premiers choix se situaient au Canada (Mc Master, University of
Calgary, University of Victoria) La décision se fait selon le classement des étudiants et c’est finalement Calgary qui s’est offerte à moi. J’avoue avoir été assez content de ce résultat, les
trois universités ci-dessus me bottant énormément.
Une fois cette certitude acquise, l’heure est venue de se renseigner sur cette ville que je ne connais que peu. Observons là de plus près en nous penchant sur
quelques chiffres pour le moins ... troublant.
Commençons par le commencement, Calgary se situe dans le second plus grand pays au monde : le Canada. Jusque là tout va bien. J’aurai l’occasion de revenir sur ce pays à l’avenir mais retenons seulement deux chiffres à son sujet : le Canada fait environ 9 985 000 km² (près de 15 fois la France) et compte 33 000 000 habitants (deux fois moins que la France)
Dans cette immense étendue, la ville de Calgary se situe dans une province de l’Ouest nommée « Alberta » (le Canada est divisée en 10 Provinces et 3 territoires comme vous pouvez le voir sur cette carte). Qu’avons-nous à apprendre sur l’Alberta ? Et bien tout d’abord, que l’Alberta est une province anglophone du Canada, caractéristique que je recherchais à tout prix ! Et de ce côté là, je ne suis pas déçu. Autre élément important pour moi, de nombreux cousins et cousines habitent dans cette province. Ce sera donc l’occasion de faire plus ample connaissance avec cette partie de ma famille. Wikipedia nous offre là aussi quelques chiffres effrayants sur cette province. L’Alberta fait 660 000 km², à peu près la superficie de la France et compte .... 3 500 000 habitants (20 fois moins que la France). Cet écart est encore plus effrayant quand on fait la comparaison avec le Nord-Pas de Calais. Notre chère et tendre région a une population assez similaire avec près de 4 000 000 d’habitants et s’étend sur ... 12 400 km². Et oui, à population égale, l’Alberta est pourtant 53 fois plus grand. Autant vous le dire par avance, ici on a de la place et on ne se marche pas dessus. Cela se ressent d’ailleurs dans la ville de Calgary qui est tout simplement immense.
Affinons notre recherche. Que dire de Calgary ? Lorsque j’en ai parlé autour de moi, deux choses revenaient immanquablement.
- « Il y a eu des JO d’hiver là bas ? » Effectivement, c’était en 1988, année de ma naissance. La France n’y a d’ailleurs remporté que deux médailles, une en or et une en bronze. Autant dire que ça n’était pas glorieux !!
- « C’est pas là où se passe Rasta Rocket ? » Et si !! Le fameux « Balance man, cadence man » se déroule lors de ces mêmes JO d’hiver dans ce film de 1993 réalisé par John Turtletaub (paye ton nom...) Juste pour vous, un lien avec un extrait. Quelques repères, après 3min30, vous pouvez apercevoir l’aéroport où je suis arrivé et un avant gout de la météo en hiver. Après 4min50, la scène se déroule dans l’université de Calgary et enfin, après 8min15, vous pouvez admirer la magnifique patinoire olympique de l’université, là où ont eu lieu les épreuves de patinage de vitesse.
Cela nous donne d’emblée quelques indications. A Calgary, il peut faire très froid... Effectivement, la température moyenne en Janvier est de -13°C. Elle peut descendre
jusqu’à -40°C voire -50°C, record absolu qui a été atteint l’année dernière (Judith, tu confirmes ?) !! Pour l’instant, j’ai le droit à
des journées chaudes et ensoleillées donc tout va bien.
Mais Calgary ne se résume pas qu’à des températures froides. Avec son million d’habitants, il s’agit de la
troisième plus grande ville canadienne. C’est également l’une des villes les plus riches d’Amérique du Nord !! L’Alberta repose sur
d’importantes nappes de pétrole ce qui a permis à la province de s’enrichir considérablement. Deux exemples simples, les Albertins sont les seuls canadiens à ne pas payer de taxe provinciale et
ils reçoivent 400 $ Canadiens par habitants pour Noel... Or toutes les compagnies pétrolières canadiennes ont leur siège à Calgary. C’est pourquoi la ville est si riche et est considérée comme
l'une ville des villes au monde avec une excellente hygiène et qualité de vie.
Un autre atout de la ville de Calgary et son environnement direct. En effet, elle est située à deux heures de route du splendide parc naturel de Banff et les pistes de ski sont
à une heure. Cela permet de pratiquer la randonnée, le ski, snowboard et de se plonger dans un univers sauvage. Bref, le bonheur.
Voila je pense avoir été assez complet pour la petite présentation. N'hésitez pas si vous avez n'importe quelle
question, je vous trouverai la réponse. Je ferai une introduction sur l’University of Calgary dans un prochain épisode, ça vaut vraiment le coup d’œil. Le chauvin que je suis doit bien
avouer que face au système universitaire canadien, nos pauvres universités françaises sont complètement à la masse... Pour vous remercier de votre patience, je vous laisse sur quelques photos de
cette ville que vous connaissez désormais un peu mieux. D'autres photos de cette ville arriveront surement demain. A bientôt !
Bonjour à tous! Comme beaucoup de ceux qui sont partis à l'étranger, je ne suis pas prêt d'oublier le premier jour de mon voyage... Rien de tel qu'un petit court métrage pour vous le conter!!
Dimanche 31 Août, 6h du matin: Une grande et longue aventure commence. Comme toute aventure qui se respecte, elle commence par une rude épreuve. Ce fut le
cas. Tout d’abord, un départ s’accompagne immanquablement d’adieux. Les 46 kgs de bagages qu’autorise Air Canada ne permettent malheureusement pas d’emmener avec soi ceux qu’on ne veut pas
quitter... Me voilà donc en calèche avec Papa et Maman comme cochets, en route vers le grand ouest. 1h de voiture, 30 minutes de Shuttle, 1h30 à rouler à gauche (ils sont fous ces
Britanniques...) et nous voici enfin au Terminale 3 de Heathrow, déjà éprouvés par le réveil matinal. Mais les péripéties ne font que commencer.
9h30 heure anglaise: Les bagages sont enregistrés. L’avion décollant à
16h30, vous avez vu juste, cela fait près de 7 heures d’attente avant de s’envoler vers le pays du soleil couchant. Puis vient le moment où l'on doit dire au revoir aux parents qui ont
gentiment patienté une bonne partie de la journée pour ne pas laisser le petit chou livré à lui même dans l’enfer aéroportuaire. Un dernier coucou, on retient ses larmes et pourtant elles sont
là. Mais j'ai décidé d'être plus fort que Cédric Klapisch dans L’auberge espagnol. On passe le contrôle de sécurité, on se retrouve seul face à
l’année anglophone qui nous attend. Enfin, on réalise.
15h15 heure anglaise : Debout depuis déjà 10h, fatigué comme tout. Tout le monde semble embarquer dans l’avion sans problème. Vient alors mon premier interrogatoire de la journée. Je ne sais pas si c’est la légère barbe ou le fait que je sois français en territoire de sa Majesté mais une douanière décide de s'acharner contre moi. Munie de mon passeport, elle tire une première salve : « Where are you from ? Where is it? What’s your eyes’ colour? Why are you going to Canada? Where is Calgary? Eyes’ colour? First time in Canada? » Je lui réponds que j’y suis allé deux fois pour voir de la famille. Grossière erreur stratégique... Constatant que je n’ai pas de tampons des douanes sur mon passeport, j’ai beau lui expliquer que c’est tout simplement parce que celui-ci est neuf, elle tente de m’achever et m’envoie un tir de plus en plus nourri : « Where is your school? Why are you coming to Canada? What is your university in Calgary? Colour of eyes? Address? Vous parlez français? » Pendant ce temps, les autres passagers trépignent d’impatience derrière moi, scrutant le terroriste barbu potentiellement démasqué. « L’odeur du sang les intéresse » pour citer un célèbre entraineur de foot en perdition. L’interrogatoire se poursuit. Elle insiste. Je résiste. Elle persiste. En vain. Je suis trop coriace pour elle, la délivrance arrive : « You can go ». Rien n’y fera. La première bataille est remportée. Mais la guerre n’est pas pliée pour autant et je reste vigilant pour parer toutes nouvelles agressions.
15h25 heure anglaise: Ca y’est, j’y suis. Bien installé, télé individuelle, température idéale. Tout pour passer un agréable voyage. Pas de bol. C’était sans compter sur dame météo qui prenait fait et cause pour l’adversaire. Les cieux se déchainent sur Heathrow qui est paralysé. Trois heures d’attente sur la piste en guise d’adieu au sol européen. (Bien que Britannique pour l’occasion...) Le temps pour l'avion de se mettre en place, nous décollons enfin. Il est 19h15 heure anglaise.
20h30 heure de Calgary : Calgary me voila !! Enfin pas tout à fait... Une heure d’attente pour arriver à la hauteur du nouveau douanier qui se présente à moi. Le temps pour moi de préparer mes munitions, fort de la confiance engrangée lors de mon premier interrogatoire. Je me remémore la couleur de mes yeux, mon école Sciences Po Lille, University of Calgary ça y’est je suis prêt à résister. Ca sera lui ou moi. Il dégaine en premier :
- « Where are you from in France ? » I am from Lille. (avec un bel accent et un grand sourire genre je suis un mec cool). C’est bon ma première parade semble avoir fait son effet. Je suis en pleine confiance pour aborder la contre-attaque. Mais le fourbe ne faisait que de me tester. Il tire sa seconde cartouche :
- « Is it in Alsace Lorraine ? » Salaud!! Je suis touché. J’y avais pas pensé à celle là... Je titube mais je ne suis pas vaincu, je réponds d’une voix faiblarde : « Euh, no... » Il a saisi la faille dans ma défense, il envoie l’artillerie lourde.
- « Where is Alsace Lorraine? Is it a nice play to stay? Is your town far from Alsace Lorraine? Is it a nice town? Far from Paris? Is Alsace Lorraine far from Paris ? » Il me bombarde, je coule, je dégouline. Le tir adverse me rend plus faible que jamais. Puis enfin le dénouement. Il me montre un livre sur l’histoire de l’Alsace Lorraine et m’informe avec un grand sourire qu’il compte y passer les vacances de Noël et qu’il est impatient de s'y rendre. Je suis sauvé. Contre toute attente, l’ennemi capitule. Une petite signature sur un papier, et hop, une demi-heure d’attente supplémentaire au service d’immigration.
Mais l’armée douanière a compris que je ne cèderai pas de si tôt. La charmante garde-frontière est trop contente de pouvoir pratiquer son québecquois si bien que je perçois enfin le bout du tunnel. Je mets bien moins de temps que le Sénégalais à côté de moi. Il ne parle que très peu anglais. Sa défense n’est pas au point. Il n’en sortira probablement pas indemne. Dommage, il était proche du but...
22h10 heure de Calgary : Je suis entier. J’ai mes bagages, mon passeport. Je quitte enfin le champ de bataille aéroportuaire totalement épuisé par la
lutte digne des plus belles lignes de l’Odyssée. Me voici à l’hôtel. Debout depuis plus de 24h en présence d’un « double king size bed ». Je m’endors quand la France se réveille. Me
voici enfin parvenu au New Far West.
PS: Désolé Sophie pour les jugements de valeur sur nos amis d'Outre Manche. Je ne doute pas que tes parents soient des gens charmants!! :)
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